EPIDEMIOLOGIE DU RHUMATISME ARTICULAIRE AIGU
EN POLYNESIE FRANCAISE DEPUIS 1986

 


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En décembre 2005:

- Population de Polynésie Française : > 245.000 habitants )
- 5456dossiers médicaux colligés depuis l'ouverture du service en 1984 de RAA et de CRC ( cas connus depuis 1984 et avant 1984) => 2,2% de la population
- environ 70% de ces patients sont porteurs de séquelles valvulaires rhumatismales de sévérité variable:

Répartition de la gravité des séquelles valvulaires
Groupes I-II (CRC légères ou modérées) 47,4%
Groupe III (CRC potentiellement sévères à long terme) 18,3%
Groupe IV ( CRC d'emblées sévères avec retentissement hémodynamique et fonctionnel ) 34,3%
Parmi ces 34,3%
-36,4 % ont été opérés ( chirurgie valvulaire )
- 8,4% sont passés plus tard aux groupes III; II et même I


Données chiffrées et graphique épidémiologique général ( jusqu'à 2006 )

 

 

. La prévalence des cardiopathies rhumatismales chroniques (CRC) dans la population d'âge scolaire est estimée à 18/1000.

Incidence des premières poussées de RAA :

La situation en Polynésie Française est comparable à celle des pays en voie de développement. Ce qui, au regard de son développement sanitaire, représente un véritable "paradoxe"
La situation serait comparable d'après les données disponibles à celle de la Nouvelle Calédonie, Wallis et Futuna ou d'une partie de la Nouvelle Zélande et ceci dans les classes défavorisées de la population. Les statistiques concernant d'autres pays insulaires comme les Samoa, Tonga ou Fidji apparaissant comme enviables mais sont considérées par tous les observateurs comme non fiables.

Dans les pays industrialisés tel le japon, les états Unis, ou la Métropole la situation est radicalement différente, l'incidence du RAA y est actuellement estimée en moyenne à 5/100.000 toujours dans la tranche d'âge des 5-19 ans, soit 28 fois moins qu'en Polynésie.

évolution de l'incidence des premières poussées de RAA

L'étude de la variation de l'incidence annuelle des premières poussées de RAA doit tenir compte de la mise en place d'un relevé informatique des données au centre du RAA depuis 1993 ; les données de la période précédente sont à interpréter avec prudence.

Deux périodes récentes (1992 -1993 et 1995-1996) ont été marquées par une élévation de l'incidence des nouveaux cas de RAA. Plusieurs hypothèses peuvent être évoquées :

L'étude plus précise de ces facteurs serait souhaitable et demanderait des moyens spécifiques.

Cependant depuis 96, la tendance montre une diminution régulière de l'incidence qui pourrait ce confirmer dans les années à venir sous réserve d'une continuité et d'un renforcement des moyens d'action.

Cependant
Mise en évidence de la corrélation entre les périodes d'actions de prévention (diffusion du message de prévention primaire, "mal à la gorge, consultez ! " et les variations de l'incidence du RAA (1eres poussées ). Les ampoules jaunes représentent les périodes "d'activité" de la prévention (médias, actions de proximité) et en sombre les périodes "d'inactivité".

Caractéristiques socio-économiques

Une analyse détaillée des dossiers montre que nombre de ces cas sont issus des couches défavorisées de la population, notamment dans les familles nombreuses habitant des locaux exigus et par conséquent souvent insalubres. (plusieurs enfants dormant dans le même lit, malnutrition, pathologies O.R.L. et bronchiques chroniques qui sont le lot quotidien de ces conditions de vie).
Le facteur favorisant de la promiscuité a été bien étudié et semble fondamental ( études US-Army)

Alors que l'incidence de la maladie est de 0,3É dans un foyer de deux personnes, elle est de :

L'étude en cours de l'influence de ce facteur sur celui de l'incidence globale de la maladie devrait permettre à court terme de définir un objectif de programme spécifique à cette population.

Influence de la promiscuité sur l'incidence du RAA

 

Répartition selon l'âge

L'étude de l'âge de la population à risque sur le Territoire lors des premières poussées ne sort pas des notions classiques sur le RAA, la répartition de la majorité des cas se faisant entre 4 et 16 ans.
Par la suite, la maladie (premières poussées) devient rare. Le maximum de fréquence se situe entre 7 et 12 ans. Les risques de survenue de cardites graves lors d'une première poussée de RAA ou supposée telle, s'amenuisent eux aussi avec l'âge.
Elle touche de manière égale les deux sexes.

répartition géographique dans les différents archipels

Elle suit la répartition démographique, les différences observées suivant les archipels n'étant pas significatives.

Prévalence des Cardiopathies Rhumatismales Chroniques (CRC)

La prévalence des CRC (18/1000) dans la population d'âge scolaire de Polynésie est comparable à celle de la Bolivie (17/1000), supérieure à celle du Maghreb, au japon, elle est 180 fois inférieure (0,1/1000).Aux USA les personnes porteuses de séquelles restent néanmoins nombreuses, la prévalence des CRC restant élevée mais dans une population plus âgée porteuse de séquelles contractées dans l'enfance. On estime ainsi (données de 1995, AHA/RF-RHD), que 1.350.000 patients sont atteints de CRC ces dernières étant responsables de 5960 décès par an. (prévalence pour l'ensemble de la population: 5/1000).

Les chiffres pour la métropole