PREVENTION DES RECHUTES

PROTOCOLE DE PREVENTION EN POLYNESIE:


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"Le RAA prédispose au RAA"

Une rechute est toujours consécutive à l'absence l'arrêt ou à une irrégularité de la prophylaxie. Elle peut présenter autant, sinon plus de danger qu'une première poussée.( L'hospitalisation n'en est que plus justifiée).

Le risque de rechute, estimé en moyenne à 6% la première année en cas de non suivi de l'antibioprophylaxie, est important. (certainement très patient-dépendant, ce risque se réduit ensuite avec l'âge). Un traitement préventif est d'autant plus indispensable que les rechutes peuvent prendre une forme larvée, "à bas bruit", n'alertant ni le patient ni son entourage alors que les lésions valvulaires s'aggravent ou se constituent.

La prévention de la rechute implique l'association :

D'un traitement antibiotique prolongé devant assurer l'éradication rapide de tout foyer streptococcique pharyngé (associé si nécessaire à une amygdalectomie.)

D'un suivi clinique et échographique de bonne qualité, permettant :
- de surveiller l'évolution naturelle des valvulopathies constituées,
- de poser quand il le faut l'indication d'un geste chirurgical en cas d'atteinte sévère
- d'entretenir la motivation des malades et de leur famille dans le cadre d'un traitement long et pénible.

L'antibioprophylaxie secondaire

L'antibioprophylaxie actuellement recommandé est la Benzathine Benzyl Pénicilline ou EXTENCILLINE*, en intramusculaire, au rythme d'une injection toutes les trois semaines. La douleur causée par l'injection est très nettement diminuée par l'adjonction de LIDOCAÏNE 1% (XYLOCAÏNE*). A cet égard, il faut rappeler que les manifestations allergiques dues à la LIDOCAÏNE sont tout à fait exceptionnelles, la toxicité neurologique (confondue bien souvent avec une allergie) étant inexistante aux doses employées. L'association de cet anesthésique local améliore notablement la compliance au traitement. Elle ne doit plus être remise en cause de nos jours.

 

Poids des patients
Doses de Benzathine penicilline et lidocaïne
jusqu'à 35 Kg 600.000 UI + 1/2 cc lidocaïne à 1%
35 - 65 kg 1.2 miliions UI + 1 cc lidocaïne à 1%
> 65 kg 2,4 millions UI + 1 cc lidocaïne à 1%

Cas de figures
Durée de la prévention des rechutes
PATIENTS SANS SEQUELLE DE CARDITE groupe 0 jusqu'à l'âge de 20 ans et /ou au minimum 5 ans
*PATIENTS AVEC SEQUELLES groupes II - III - IV jusqu'à l'âge de 40 ans
PATIENTS AVEC SEQUELLES groupes I jusqu'à l'âge de 20 ans et /ou au minimum 5 ans puis, à discuter au cas par cas, notemment en fonction des antécédents familiaux
* La plupart de auteurs recommendent une prophylaxie à vie ce qui représente une véritable sentence pour les patients génératrice de refus de suivi. Des études statistiques ( courbe ci-dessous) ont permise de mettre en évidence qu'après l'âge de 35 ans les rechutes chez les sujets non protégés deviennent exceptionnelles et de plus non génératrices d'aggravation de leur cardite rhumatismale chronique. Ainsi l'âge maximum de cette prophylaxie a été fixé à 40 ans.

Voir aussi : les dernières recommendations de l'AHA de 1995.

Nombre de rechutes en fonction de l'âge chez les patients ne suivant pas ou suivant mal le protocole de prévention des rechutes. (à propos de 356 cas de rechutes depuis 1986)